Visite guidée : le méthaniseur
Il y a peu de temps, Ekolo[Geek] a eu la chance de visiter le méthaniseur Suez Terre d'Aquitaine. Nous étions présents pour un Strip-déchets avec un groupe de professionnel·les du tourisme. Mais avant cette animation, nous avons participé à une visite guidée du méthaniseur. En tant que bons Ekolos, notre mission est de vous en dire plus sur la méthanisation !
La méthanisation
Commençons par le commencement, la méthanisation est le procédé par lequel on passe de déchets alimentaires (généralement) à du biogaz et du digestat. De cette manière, ces déchets que nous jetons tous·tes sont réutilisés afin de fournir en énergie les bâtiments et de retourner à la terre. Et plus on produit du biogaz, moins on aura besoin d'importer du gaz de l'étranger (exemple Russie ou Algérie…).
Photo : freepik
Préparation
Pour ce faire, une recette très précise est suivie.
D'abord les déchets alimentaires sont broyés pour en faire une bonne soupe de déchets. Dans le cas de Suez Terre d'Aquitaine, ces déchets proviennent de la métropole bordelaise.
En parallèle, des déchets végétaux issus de l’agriculture sont passés au défibreur, une machine qui va casser les fibres afin de faciliter la suite du processus.
Photo : Ministère de l'écologie français
Une fois ces étapes passées, les déchets alimentaires, les déchets de l’agriculture (comme des rafles de maïs ou des feuilles) ainsi que des graisses alimentaires (comme de l'huile de cuisson) vont dans les digesteurs pour le début du processus de méthanisation.
Le rôle des bactéries
Ce sont les bactéries présentes naturellement dans les déchets alimentaires qui vont digérer la soupe concoctée et produire du biogaz.
Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone.
Le méthaniseur fonctionne comme un estomac. Pour que le biogaz ait une forte teneur en méthane, il ne suffit pas d’avoir des bactéries, il faut leur donner les bons ingrédients. D’où le mélange préalable.
En parlant de bactéries, saviez-vous qu'il en existait deux types dans les déchets alimentaires ?
photo de Science Photo Library
Il y a les bactéries mésophiles et les thermophiles (comme ci-dessus). Elles peuvent toutes contribuer à la méthanisation, mais elles ne sont pas actives aux mêmes températures.
Au méthaniseur Suez Terre d’Aquitaine, ils ont fait le choix de miser sur les bactéries thermophiles. Leurs digesteurs sont donc maintenus à 55°C, la température préférée des bactéries thermophiles.
D’autres méthaniseurs privilégient les bactéries mésophiles et par conséquent maintiennent leur méthaniseur entre 20°C et 40°C.
La collecte
Ce biogaz est collecté au niveau des bâches tout en haut des digesteurs.
Mais ce n’est pas tout ce qui est récupéré. La matière organique qui n’a pas pu être digérée par les bactéries, le digestat, est également collectée. Ce digestat est inspecté et certifié au niveau européen afin d’être vendu. Vous l’aurez peut-être deviné, le digesta est un très bon engrais !
Schéma : programme de recherche décarbonation de l'industrie
Le biométhane
Quant au biogaz, il est purifié pour extraire du biométhane (un gaz composé à 97% de méthane). Dans le cas de Suez Terre d’Aquitaine, ce biométhane est en partie injecté dans le réseau de Regaz (transporteur de gaz de ville) sur la métropole bordelaise. L’autre partie est utilisée pour faire de la cogénération. Cette méthode permet à la fois de chauffer les bâtiments à proximité et de produire de l'électricité qui est injectée sur le réseau électrique.
Rappelez-vous, les digesteurs doivent être maintenus à 55°. C’est en fait une partie de la cogénération qui permet de chauffer de grands tuyaux entre les cuves, et par conséquent chauffer les digesteurs. Ils ne consomment donc pas de gaz autre que celui produit par la méthanisation !
Un des intérêts des méthaniseurs est que l’énergie produite est renouvelable. Pour ça il suffit d’avoir des déchets alimentaires !
Photo : JB Menges
La gestion des biodéchets
En tant que particulier, que pouvons-nous faire de nos biodéchets ?
Rien de plus simple, il y a même plusieurs réponses !
Il y a le composteur individuel, le composteur partagé, les bornes à déchets alimentaires mobiles (assuré par Bicycompost sur l'hypercentre de Bordeaux) et les Bornes À Déchets Alimentaires (BADAs) sur la métropole bordelaise intra-rocade.
Les trois premières options sont du compostage, c'est à dire que, contrairement à la méthanisation, le milieu dans lequel les déchets sont placés n'est pas privé d'oxygène. Par ce procédé, s'il est bien géré, on ne produit pas de méthane et on obtient du compost.
Les déchets collectés des BADAs de Bordeaux métropole sont quant à eux collectés et triés par Moulinot à Eysines et destinés à être traités par méthanisation au méthaniseur de Saint-Laurent-de-Médoc.
Photo par Charlotte Barbier
Du positif mais également du négatif avec la méthanisation
Si vous êtes nouveau·lles dans le monde des biodéchets, vous vous demandez sûrement pourquoi ne pas uniquement faire de la méthanisation.
Il existe en fait des aspects négatifs.
Il y a le transport, contrairement au compostage qui peut être fait sur place ou au plus loin à quelques centaines de mètres, la méthanisation nécessite de grandes structures à plusieurs kilomètres des villes. De plus, le transport du compost est effectué à vélo, à contrario des déchets destinés à la méthanisation qui sont transportés en camion.
Il y a également une problématique liée au méthane lui-même. En effet ce méthane biogénique est un gaz à effet de serre qui contribue 27 fois plus au réchauffement climatique que le dioxyde de carbone. Lorsque le méthane fuit, que ce soit des digesteurs ou lors de son transport, l'impact environnemental est catastrophique.
Il y a aussi un inconvénient économique avec la méthanisation. Elle ne peut être viable qu'à l'échelle industrielle. Elle n'est pas à la portée des petites entreprises et des particuliers, ce qui n'est pas le cas du compostage.
Trions, mais faisons-le bien
Attention, il ne s’agit pas de jeter n’importe quoi dans les bornes ou les composteurs ! Sur 5 000 tonnes de déchets collectés par les BADAs, seulement 2 000 tonnes sont des biodéchets. Cela signifie que 3 000 tonnes de déchets sont mal triés par les utilisateurs des BADAs.
Si vous ne le faites pas déjà, il ne reste plus qu’une chose à faire… faites le tri !
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